Le blog d'Eric Gibert

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À quand la fin des OGM (ordonnances génériquement modifiées) ?

Eric Gibert  vLine  09. janvier 2008 20:06   Un particulier a créé ce blog. Il peut y évoquer des avis ou expériences personnel(le)s n'étant pas forcément en accord avec ceux ou celles de DocCheck.

 

Depuis 10 ans, chaque "réforme" de la Sécurité Sociale appuie plus fort que les précédentes sur la pédale des médicaments génériques, prétendue source de toutes les économies de santé. Dans le même temps, les médecins, indisciplinés par nature, sont publiquement fustigés pour ne pas en prescrire suffisamment, la France étant dans ce domaine un des plus mauvais élèves de la classe des pays industrialisés. Ou plutôt il leur est reproché ne pas prescrire assez de médicaments "généricables", seule condition nécessaire et suffisante, puisque le pharmacien s'empressera aussitôt de corriger le vilain comportement du prescripteur. Il est en effet admis de façon consensuelle - on dira plutôt «il est politiquement correct de penser» - que le médicament générique est le même que le vrai, mais moins cher. Les médecins qui doutent, les malades réticents sont donc de mauvais citoyens, car il est patent que les différences d'efficacité et de tolérance alléguées ici ou là «ne relèvent que du domaine du psychologique». Au contraire, le pharmacien qui substitue sans état d'âme un... "substitut" (ersatz, en allemand) au même prix (...de vente à la Sécu, mais pas forcément d'achat à son grossiste...) ou même parfois plus cher que le vrai, est le modèle de vertu que nos politiques voudraient voir tout un chacun imiter.

Or chacun d'entre nous a pu constater (non pas une fois, non pas dix fois, mais de multiples fois) des différences d'efficacité et/ou de tolérance entre un médicament et ses génériques. Ceci est d'ailleurs un phénomène attendu, quand on sait déjà, pour un même produit, les différences que l'on peut observer d'un lot de fabrication à l'autre (un bon exemple : les flushs après infiltrations). Mais il est des cas où la substitution - et surtout le changement permanent de fournisseur de générique - se fait au détriment de la qualité des soins, voire de la sécurité du patient :

- cet homme de 75 ans prend régulièrement un bêtabloquant, (générique, donc il n'est pas suspect d'y être hostile) et à l'occasion de vacances, celui-ci est renouvelé dans une autre marque. Au premier comprimé de cet autre produit, pourtant supposé être le même au même dosage, il va être contraint de rester au repos toute la journée avec un pouls ne parvenant pas à dépasser 40.

- cette femme habituée à son antalgique de niveau deux fait confiance à son médecin traitant et accepte de prendre le médicament générique qu'il lui prescrit. Elle développe un rash cutané par réaction à l'excipient.

- ce patient diabétique rapporte à son médecin traitant que l'équilibre de sa glycémie est plus instable depuis que son traitement est "génériqué".

- ce médecin prescrit en toute bonne foi un anti-hypertenseur générique et est appelé par les urgences pour un œdème de Quincke chez son patient.

- cette pharmacienne ne comprend pas qu'à l'ouverture des blisters de ce générique à base de Dextropropoxyphène, les gélules s'auto-détruisent une fois sur 2

Tous ces exemples sont véridiques, certifiés, et loin d'être exceptionnels. De plus en plus de patients refuseraient les génériques s'ils ne subissaient un véritable matraquage médiatique, sans parler de la pression de leur pharmacien. Mais c'est "pour la bonne cause"...

La plupart des rhumatologues ont été formés aux essais cliniques, pratiquent l'Evidence Based Medicine, et ne sont pas vraiment prêts à gober sans preuve scientifique que deux médicaments sont équivalents, voire identiques. Lors de l'instauration de la politique du "tout générique" en 2002 (2), nos autorités expliquaient que les seuls essais cliniques nécessaires pour les génériques consistaient à établir la bioéquivalence avec la spécialité de référence : le générique se doit d'avoir le même profil pharmacocinétique dans l'organisme (c'est à dire que le principe actif est absorbé et éliminé à la même vitesse). On considère alors que si les profils pharmacocinétiques sont similaires, l'efficacité et la sécurité des deux produits seront similaires! Mais bien sûr ceci n'a jamais été testé...

Pourquoi par exemple les excipients sont-ils différents dans les génériques ? La réponse officielle met en cause l'ancienneté des formules de fabrication du médicament original (pour certaines datant de trente à quarante ans), sachant que «les génériqueurs arrivent à faire mieux avec des excipients industriellement mieux adaptés». Mais en réalité ces changements d'excipients tiennent au fait que leurs machines ne sont pas les mêmes, et qu'un process de fabrication n'est valable que sur un outil industriel donné (2). Le génériqueur dispose donc des mêmes ingrédients (du moins pour le principe actif), mais ni de la recette ni de la machine qui permettrait d'avoir exactement la même formulation.

L'affirmation d'identité entre le médicament générique et le "vrai" est donc un mensonge, car il n'y en a aucune preuve scientifique, au contraire, ce que les pouvoirs publics connaissent depuis longtemps. Par exemple en 2007 (3), une étude française a voulu vérifier l'hypothèse de l'apparition plus fréquente de crises d'épilepsie chez des patients pourtant bien équilibrés jusque-là avec leurs médicaments princeps. Cette étude menée par AFSSAPS auprès de 300 neurologues a mis en évidence chez les patients de la moitié d'entre eux, des cas de récidives et/ou d'aggravations de crises ou encore l'apparition d'effets secondaires nouveaux. On a montré à cette occasion que la variation d'effet du principe actif peut aller de - 20 % à + 25 % d'un générique à l'autre en fonction notamment des modes de fabrication, de la galénique et des excipients utilisés! L'un des experts de la Commission de pharmacovigilance de l'AFSSAPS confirmait aussi que pour les médicaments antiépileptiques (mais pourrait-il en être différemment pour les autres classes thérapeutiques?), il n'y avait même pas eu d'études de bioéquivalence entre les différentes préparations, car il n'y avait pas de financement prévu pour cela! L'ajustement thérapeutique, souvent très fin, qui permet à ces patients de ne pas déclencher de crise comitiale, est donc rendu quasi impossible avec les génériques, et encore plus du fait de leur rotation au gré des renouvellements (voir la mise en garde de la LFCE dans son communiqué de juillet 2007 concernant les génériques ). De plus en plus de signalements en ce sens ressortent des recueils de pharmacovigilance en France (1). Cette évaluation française est d'ailleurs confirmée par les agences sanitaires des pays habitués, depuis bien plus longtemps que nous, à prescrire des génériques (pays scandinaves et anglo-saxons). Déjà la Suède et la Finlande, bientôt l'Espagne et l'Italie commencent à interdire les génériques chez les épileptiques.


Les problèmes que pose cette situation

L'édifice de la validation et de l'enregistrement des génériques, construit à la hâte et pour les besoins de la cause, est un défi aux raisonnements scientifiques que pourtant l'on nous impose constamment, car il ne repose sur aucun véritable contrôle de qualité ni sur des études biologiques effectuées sur des malades, mais seulement sur des volontaires sains. De plus, les études de bioéquivalence sont réalisées à faible posologie et le plus souvent à dose unique, ne permettent pas de mesurer les effets de l'accumulation des produits (3).

On découvre parfois que des études avaient été réalisées, mais qu'aucune publicité n'en avait été faite. Ainsi une étude publiée en 2002 a comparé les effets indésirables du Zyloric® et ceux d'allopurinol en génériques. On a mis en évidence une proportion plus importante d'effets indésirables cutanés avec les génériques : notamment les personnes ayant des antécédents allergiques présentaient 24% d'atteintes cutanées sous génériques contre 6% sous Zyloric®. Les excipients dits "à effet notoire" les plus souvent impliqués sont : l'huile d'arachide, l'huile de soja, la lécithine de soja, le sorbitol (1). Autre exemple, une étude de biodisponibilité du vérapamil, randomisée en double-aveugle avec le médicament de référence versus deux génériques a été menée chez des sujets sains jeunes et chez des patients âgés hypertendus. Alors que la bioéquivalence était retrouvée chez les sujets jeunes, l'un des génériques montrait chez les sujets âgés une augmentation de la concentration sérique maximale de 77% par rapport au princeps! D'où un risque fortement majoré avec le générique d'accumulation ce qui, pour un médicament déjà pas complètement anodin, peut rendre le traitement franchement dangereux... et ce qui amène à se poser des questions sur notre réelle connaissance de la biodisponibilité d'une molécule chez un malade (1). Il y a plus de dix ans, les États-Unis avaient mené une enquête sur un produit bien connu des rhumatologues : le piroxicam. Cette analyse fine des différents génériques disponibles aux USA concluait à reconnaître seulement un tiers d'entre eux comme strictement équivalents au Feldène®.

Bien sûr on nous rétorquera qu'effectuer de vraies études dose-équivalentes entraînerait un surcoût des génériques et leur ferait perdre tout leur intérêt économique. Mais quel intérêt économique existe-t-il à prendre des produits moins chers si on doit augmenter les doses pour maintenir le même résultat? Comment éviter les aléas thérapeutiques induits par des changements de marques de génériques d'une pharmacie à une autre, d'un département à l'autre, d'un mois sur l'autre, etc.? Pourquoi autoriser autant de génériques différents pour une même molécule, sachant que leur prix ne va varier que de quelques centimes d'euro? Comment gérer chez les seniors le risque d'erreur de médicament à cause de la multiplicité des couleurs des comprimés, des boîtes, des formes galéniques, etc., ainsi que les conséquences que cela peut induire sur leur qualité de vie? Quand on nous parle de mieux dépister les iatrogénies, celle-ci est quand même évidente et prévisible! Et combien, au final existe-t-il de coûts secondaires induits par cet à-peu-près thérapeutique censé générer des économies? « Où se situe l'économie attendue, si en raison d'une crise d'épilepsie, certains patients retournent aux urgences, perdent leur permis de conduire, voire leur travail ?» (3). Placée face à cette problématique, l'AFSSAPS a effectivement prévu d'informer rapidement les médecins et les pharmaciens de ce risque, les laissant finalement seuls face à leur responsabilité! Car en plus il faut savoir que le prescripteur reste responsable même en cas de substitution par le pharmacien. Certains médecins ont beau mentionner depuis longtemps sur leurs ordonnances «la substitution ne peut se faire que sous la stricte responsabilité du pharmacien», seule la mention «ne pas substituer» a une valeur légale... pour peu que le pharmacien s'y conforme. On est quand même parfois surpris de l'avis de certains chercheurs : «cet écart, de - 20 % à + 25 % d'un générique à un autre, est une valeur acceptable pour la plupart des maladies mais trop large pour les médicaments antiépileptiques où la précision thérapeutique est extrême» (3). Est-ce à dire que le médecin doit admettre et prévoir sous sa responsabilité les conséquences de ces variations sur la tension artérielle, le rythme cardiaque, la glycémie, l'efficacité des antibiotiques ou des antalgiques, au nom d'une simple économie ?

Quand on sait qu'un Laboratoire a passé des années à mettre au point un produit en respectant un cahier des charges lourd, détaillé, coûteux et incertain pour faire passer à la molécule toutes les étapes de validation de la phase 1 à la phase 4, puis l'obtention de l'AMM et enfin celle du remboursement, on peut certes comme les autorités sanitaires regretter la démarche parfois commerciale voire agressive de certaines firmes qui poussent à sortir des recommandations ou de l'AMM pour étendre leur marché. Mais c'est oublier un peu vite que la démarche industrielle qui cherche, prend des risques et trouve, est nécessairement suivie d'une démarche de commercialisation, faute au états des pays industrialisés d'avoir eux-mêmes assumé ce type d'activité. Encadrer et contrôler une industrie finalement lucrative, certes, fixer des règles simples de bonne conduite, d'accord, mais remettre en cause la règle du jeu d'une manière aussi risquée et finalement peu morale au motif d'économies minimes et à court terme n'est pas vraiment porteur d'avenir.

Ainsi, ne pas exiger de celui qui copie un médicament, qu'il respecte strictement le cahier des charges de la fabrication du princeps, entraîne pour le consommateur une prise de risque qui s'apparente à du laxisme. C'est faire fi de cette alchimie qui a ses raisons d'être en termes de pourcentage précis de produits actifs, d'excipient capable de les stabiliser, de les rendre digestibles, de faciliter leur absorption, de limiter leurs effets secondaires, etc., et qui a fait partie intégrante du développement du médicament initial. Essayez en double aveugle de faire croire à vos enfants que les pâtes à tartiner chocolatées vendues dans les grandes surfaces ont le même goût que leur Nutella®. Pourtant sur l'étiquette, la composition est la même!

Que peut on proposer pour réduire les coûts des médicaments?

Dans une société où les grandes marques luttent à grands frais contre les contrefaçons n'était-il pas plus simple, plus rationnel de proposer (imposer ?) aux Laboratoires pharmaceutiques, lorsqu'une licence est arrivée à son terme, une poursuite d'exclusivité, ou un partenariat avec un fabricant de génériques pour que le médicament princeps continue effectivement d'être produit tel quel, mais avec une réelle baisse de prix? Ou même carrément, comme pour les pièces détachées automobiles qui doivent être disponibles pendant dix ans après la fin de production du modèle, "inciter" le Laboratoire pharmaceutique à poursuivre pendant dix ans voire plus la fabrication de son produit dont le brevet est tombé dans le domaine public, à un prix fixé par les autorités sanitaires? Les idées de contrepartie ne manquent pas, telles des négociations tarifaires plus favorables pour le lancement de leurs nouvelles molécules. Certains Laboratoires ont d'ailleurs cherché à aligner spontanément leur prix sur le prix du générique le plus bas, mais il semble - bien que cela paraisse aberrant - qu'on leur ait imposé un délai de deux ans avant d'y être autorisés., et il ne devrait pas exister de pressions ou de sanctions à prescrire ces princeps.

Pourquoi alors ne pas, comme le défend la revue "Prescrire", libeller les prescriptions exclusivement en DCI? Mais là aussi, il faudrait définir la norme de fabrication la plus sûre (celle au meilleur rapport bénéfice/risque), limiter le nombre de génériques commercialisés par molécule, contrôler plus sérieusement les fabricants pour éliminer les ersatz et le risque de voir arriver tout et n'importe quoi sur le marché, comme cela semble malheureusement être le cas en ce moment. Sans parler du honteux trafic de faux médicaments qui s'étend dans les pays sous-développés, notamment d'Afrique et d'Asie : mais on estime déjà à 10 % leur pénétration sur le marché français des médicaments non remboursés et notamment sur internet! On ne nous fera pas croire que cette contrebande n'est pas plus facile à dissimuler au milieu de dizaines de génériques, que face à un seul médicament encore protégé par ses brevets.


Que veut l'Etat ?

Réduire les dépenses de santé, on l'a bien compris. Mais pour traiter au moindre coût la santé des citoyens, vaut-il mieux prendre le risque de voir se multiplier un jour les plaintes pour négligence, perte de chances, empoisonnement, etc., ou au contraire privilégier d'emblée la thérapeutique éprouvée qui limite quand même le risque de scandales et de surcoûts futurs? Quand on compare les bouts de chandelles économisés par les génériques, modestes et limités mais objet de toute l'attention médiatique autour d'une mise en scène théâtralisée, et les conséquences potentielles qui ne manqueront pas un jour, par leurs effets directs et collatéraux, d'être interprétées comme des négligences, ce jeu en vaut-il la peine ? À vouloir réduire les coûts sans vigilance ne prépare-t-on pas des risques sanitaires, donc de futurs procès, en occultant l'augmentation du risque d'accidents iatrogènes et surtout les conséquences directes et indirectes de thérapies devenues, sans que l'on s'en aperçoive à temps, insuffisantes comme on l'a vu pour les anti-épileptiques? Après l'affaire du sang contaminé, les procès contre les fabricants de tabac, les scandales de l'amiante, on est étonné de voir ainsi fouler aux pieds, pour quelques euros d'économie, le cher Principe de Précaution, parapluie pourtant très efficace inventé par les politiques et les hauts fonctionnaires essentiellement à leur propre usage. Espérons que cette politique de courte vue ne les conduise pas à de futures désillusions!


Bibliographie :

1 - La Lettre du Pharmacologue 2005. 19(3) 87-94

2 - Sciences et avenir: le guide des 1000 médicaments génériques n°669 novembre 2002

3 - Sciences et avenir: n°726 Août 2007

 
 

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#13 Don Diego    05.12.2008 15:19

Avez-vous publié vos conflits d'intérêts comme vous y oblige la loi? Cordialement

#12 Pedro 05    16.06.2008 15:09

Je suis pharmacien de l'industrie et j'ai participé au développement et à la production de produits princeps et de génériques , parfois de façon concommitante : on développe une nouvelle molécule et en même temps son générique afin de pouvoir en disposer à la chute du brevet. C'est ainsi que l'un des produits mentionnés dans l'article a été auto génériqué par l'originateur , une demi douzaine de copies du dossier ont été vendues à différends génériqueurs (Merck , GNR . Biogaran ...) Le même produit que l'originateur était fabriqué au même endroit avec les mêmes ingrédients et commercialisé par chacun sous des emballges et marques différentes . Il serait étonnant que pour l'un des génériques cités ici des effets facheux se soient produits par rapport à l'originateur . Les génériqueurs recherchent constamment les coûts les plus bas d'où floraison de fabrications de principes actifs en chine ou aux indes et bataille de prix de fabrication forcenée avec surenchères chez les sous traitants , car les génériqueurs n'ont jamais d'usine . Théoriquement la qualité est la même que celle du princeps et contrôlée par l'AFSSAPS. Mais quand on sait que la main d'oeuvre utilisée en chine gagne 100€ /mois , travaille 10h/j 7j/7 j ,vit en dortoirs insalubres...etc on peut présumer de sa motivation et de son soucis pour la qualité , quand on sait que ses dirigeants recherchent la rentabilité à tous prix et sont contrôlés par des instances corrompues , on peut avoir de sérieux doutes sur la qualité . En pratique,pour assurer la qualité le laboratoire doit assurer un contrôle extrêmement serré chez son fabricant chose que l'éloignement rend coûteux et difficile seuls les grands groupes ont les moyens de l'exercer . Conclusion, méfiez vous des génériques qui ne sont pas issus d'un grand groupe , fuyez les génériqueurs inconnus et pourquoi pas comme en alimentaire réclamons de faire apparaitre l'origine du principe actif sur les boites !!!

#11 kokics    06.05.2008 13:32

Bonjour DR. Merci pour ces informations particulèrement intéressentes et des commentaires qu'elles suscitent mais la patiente que je suis n'a qu'une attente en consultant:soulager ses douleurs avec le traitement le mieux adapté dont vous seul en professionnel,jugez si un médicament générique aura les mêmes résultats qu'un médicament princeps.Il est évident que les effets secondaires constatés avec les génériques ont parfois de lourdes conséquences,tant pour le patient que pour le médecin qui se sent responsable;alors je rejoins la réponse du DR.Franck M Bailly:(je cite) ne pas en rajouter une couche au niveau médical.Le profit malheureusement n'a aucune morale ah!oui!l'argentC'est avec une totale confiance que j'accepte les traitements,mais m'informer me permet d'être moins ignorante malgré mes questionnements.

#10 sam    14.03.2008 20:23

le débat sur le générique est houleux et c'est la preuve que si la santé n'a pas de prix, elle a au moins un coût. Le générique a fait ses preuves dans de nombreux pays , notamment Anglo-saxons. Je suis pharmacien et pense personnellement que les deux camps ( *pour Vs contre générique*) ont raison. Certes il faut faire des économies en thérapeutique, mais force est de reconnaitre que faire des économie ne veut pas dire prescrire des génériques car ce serait trop réducteur. Il y a effectivement des surprises avec certains génériques. Il y a de bon et de mauvais génériques; tous les génériqueurs ne sont pas logés à la même enseigne; il faudrait plus de contrôle de qualité et de conformité pour veiller à ce que les génériques puissent avoir la même bio-équivalence que les princeps ou tout au moins avoir un écart de +/- 3% de tolérance. Ne jamais perdre de vue qu'il existe des génériques de marque ,pas forcément en DCI (suivez mon regard et vous verrez une spécialité antalgique qui a plus d'une spécialité à base du même principe actif qui se la coule douce parce que très souvent quand on parle générique , on ne voit que les génériques en DCI). Faire de l'économie en santé est très bien , louable mais cela passe par une évaluation globale des stratégies thérapeutiques pas uniquement des médicaments pris isolément au comptoir du pharmacien avec ou sans prescription. Faut seulement voir le *gain potentiel ou imaginé que le pharmacien semble avoir*.Si le générique doit être prescris pour réduire les coûts, je dis c'est bien mais seulement tenir compte du coûts éventuel des ADE (adverse drugs events) consécutive à la prise du générique en DCI ou de par marque par rapport au princeps. Si ces ADE conduisent à une nouvelle consultation, hospitalisation, absence au travail, il faudra tenir compte de tous ces paramètres pour évaluer le coût du générique. J'ai longtemps plaidé pour le générique, je crois toujours au générique mais je pense sincérement que les professionnels de la santé gagnerait a prendre le débat sur l'économie dans sa globalité pas uniquement au niveau du tiroir caisse. il faut évaluer économiquement l'efficacité et l'utilité des génériques qui tiennent le haut du pavé pas rejeter systématiquement cette catégorie de médicaments. Les médecins se doivent aussi de tenir compte des aspects économiques de leurs prescriptions. Les pharmaciens à l'officine se doivent aussi d'être beaucoup plus alerte, jouer leur rôle de conseiller et de chaînon important de la pharmacovigilance et rapporter tous les cas observés ou décris par les patients à la suite de la prise de tel ou tel médicament et pas seulement les génériques; c'est dommage que le stress du travail à la pharmacie, la recherche du maximum de patient fait que le pharmacien s'attardera moins sur les prescriptions afin d'assurer les soins pharmaceutiques et in fine, il faudrait que les médecins acceptent une parfaite collaboration avec les pharmaciens pour le bien de leur patients respectifs.

#9 Xavier    14.03.2008 19:26

bonjour, je suis médecin, cardiologue. Des exemples avec les génériques j'en ai des dizaines. De mémoire lors de substitutions du proinceps : - choc anaphylactique sous LISINOPRIL à la place du ZESTRIL - des dizaines de fibrillations auriculaires récidivantes parfaitement stabilisées sous SOTALEX revenant sous SOTALOL (avec des preuves sur des fonctions holter de pacemaker) - récemment un patient sous SECTRAL 200 matin et soir qui est venu me voir pour syncope car le pharmacien avait substitué contre ATENOLOL 100 2 le matin et 2 le soir (il battait à 25 en BAV complet). - rechutes de troubles du rythme sous génériques de FLECAINE ou CIPRALAN. -inefficacité des génériques de la CORDARONE (à part le CORBIONAX qui est le même) -Augmentation du LDL caricaturale sous générique de statine (une récente étude présentée à l'ESC ayant montré d'ailleurs une surmortalité de 30% dans le groupe générique par rapport au princeps - soit la suprression totale de réduction de mortalité par rapport au placebo) Bref nous n'avons que des ennuis avec ces génériques ... le jeu maintenant étant de trouver des médicaments non génériqués à mettre sur l'ordonnance pour éviter que les patients ne soient pénalisés par un "NS". A lire l'article du Pr Julliard de Nancy qui est édifiant sur les génériques. Et attention, médicolégalement, en cas d'accident, c'est le médecin qui est judiciable ! s'il n'a pas marqué NS ...

#8 laurence    14.03.2008 15:23

fervente" recommandatrice "de génériques cr travaillant à la sécu, je suis au regret de constater une différence de résultat entre la flécaine et son générique. Le sujet d'expérience étant : moi même, je retourne de ce pas à l'ancienne formule, et tant pis pour le remboursement, je préfère vivre plus "confortablemennrt.

#7 Franck M Bailly    13.03.2008 20:49

Je lis sous la plume d'un pharmacien d'officine : "peut-être une obligation du futur dossier médical ? Affaire à suivre.". Monsieur je vous informe que le DMP a été enterré il y a déjà de nombreux mois. Jugé trop coûteux, trop complexe, au vu des différentes tentatives menées dans d'autres pays européens. De plus, le flicage étant déjà surrabondant en france, il n'est pas nécessaire d'en rajouter une couche au niveau médical. Merci de mettre à jour vos connaissances. Docteur Franck M Bailly Psychiatre

#6 Franck M Bailly    13.03.2008 20:41

Bonjour, Merci d'avoir posé le débat. J'ai été formé par ma profession de psychiatre et de psychologue médical clinicien aux effets placebo et nocebo. Je ne prescris pas en DCI mais en nom commercial et il m'arrive de plus en plus fréquemment d'ajouter la mention "non substituable". Pourquoi ? En tout premier lieu car j'ai constaté pour plusieurs génériques de ma spécialité des écarts de résultats patents, manifestes que rien d'autre que la concordance avec le passage à un générique ne pouvait expliquer. J'ai également constaté des effets délétères non négligeables, exagération des effets secondaires constatés par moi en référence à mon expérience de 32 ans. Mais le problème des génériques n'est pas à mon avis le meilleur moyen de baisser le coût des médicaments. Ce système a en outre l'inconvénient manifeste de freiner la recherche d'autres molécules et de démotiver les labos actifs. Il existe un moyen SIMPLE d'abaisser drastiquement le coût des prescriptions, comme cela se pratique ailleurs dans de nombreux pays européens et mondiaux : LE DECONDITIONNEMENT. Si je prescris "nom med forme cp" n° 8 1 cp par jour, le pharmacien délivre 8 cps de "nom med forme cp" et pas un de plus dans un sachet papier. Je présuppose que les officines sont des lieux dans lesquels les règles d'hygiène et de sécurité sont respectées et que la manutention et la préparation des conditionnements sachets papiers peuvent être fait dans de bonnes conditions. Moins de fastes inutiles dans la présentation sous blister incommode et coûteux, moins de gaspi au moins supérieur à 30 % des doses délivrées sous les formes actuelles de conditionnements. On pourrait imaginer une collecte des médicaments qui traînent dans les officines personnelles moyennant une modeste rétribution, qui serviraient de fonds à usage humanitaire. J'entends déjà les hurlements des pharmaciens, mais je m'étonne qu'aucun ministre de la santé n'ait évoqué un procédé aussi simple. Je dois sans doute méconnaître les aspects INDISPENSABLES du conditionnement. Franck M Bailly Psychiatre

#5 Pierre    05.02.2008 16:58

Je n'ai pas été surpris que ce billet anti-générique soit le fait d'un médecin. Les médecins sont très bien formés au diagnostique mais pas aussi bien à ce qu'ils prescrivent – le fait même qu'ils ne connaissent pas le nom de la molécule (DCI) est révélateur d'une lacune. On pointe du doigt les excipients sans jamais se poser la question que c'est souvent les mêmes que ceux du princeps (ou d'un autre). Il n'existe pas 12000 fabricants d'aspartame ou de talc et on retrouve à peu près les mêmes partout. Si l'un posait problème, la pharmacovigilance le ferait apparaître dans tous les produits qui en contiennent. Par contre, les sources de principes actifs sont multiples et de plus en plus souvent originaires d'Inde et de Chine. Et je suis désolé de dire qu'en cas de réaction allergique je crois plus à une impureté nouvelle ou plus présente que de mettre ça sur le dos d'un excipient. Le fait que la réglementation sur les fabricants de principe actif devienne de plus en plus dure ne doit pas être qu'une nouvelle mode des autorités de santé. L'exemple des MAE est connu et on sait déjà que les génériques de produits biologiques vont poser de problème. Doit-on pour autant remettre tout en cause ? Non car contrairement à ce que vous croyez le générique fait faire des économies – c'est juste qu'en France on ne substitue pas encore assez, contrairement aux USA ou le prix du médicament tombe à 10% dans l'année qui suit la fin du brevet. Vous dites qu'il y a trop de générique, c'est méconnaitre les circuits industriels, si vous prenez l'oméprazole, il existe une bonne quinzaine de génériques mais en fait que deux ou trois fabricants – c'est à dire que la marque change mais en fait ce sont les même. Et pendant ce temps là, les médecins prescrivent de l'inexium à la place - soit la même chose vu que l'oméprazole comportait les deux énantiomère et que l'esoméprazole n'en comporte plus qu'un. Vous pensez vraiment qu'il y a un bénéfice pour le patient ou les dépense de santé. Vous suggérez de respecter la même formule et le même mode de fabrication que le princeps et vous pensez que les fabricants de génériques n'y ont pas pensé – une partie de génériques sont déjà fabriqués par la même usine que celle du princeps. Mais il y aussi le cas ou le fabricant de princeps ne va pas donner les infos qui permettront au générique de lui piqué des part de marché. Vous prenez l'exemple du Nutella – et bien faites le test et vous serez peut être surpris, – d'ailleurs une dégustation à l'aveugle entre Pepsi et coca avait donné Pepsi vainqueur et pourtant les gens achètent plus du coca – devinez pourquoi ? (ça commence par PUB). Je m'abstiendrai de faire des commentaires sur le chapitre " Que peut-on proposer pour réduire les coûts des médicaments?" mais vous avez raison de croire que ce sont les génériques qui cachent les contrefaçons et non l'absence de législation dans certains pays. Bizarrement, viagra et Cialis sont très cher et sans génériques et pourtant on en trouve des tas sur internet – ça doit être une exception.

#4 Thierry    05.02.2008 15:02

@Maurens - En france - glucophage 1000 cp - 5.37 / générique 4.20. il y a effectivement des génériques à 11.56 mais ce sont des boites de 90 - source vidal Seul excipient à effet notoire dans les génériques - lactose dans 3 spécialités génériques. Mais en général on le sait si son patient à une sensibilité au lactose, non ?

#3 Albert    04.02.2008 23:00

Bien sûr et la marmotte emballe le chocolat... Curieux, les excipients à effet notoire sont apparus avec les génériques , les effets secondaires sont pourtant bien réels dans les princeps Ex du glucophage : Très fréquent: les symptômes gastro-intestinaux, notamment nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales et perte d'appétit!!!! Les génériques ou l'art pour un VRAI thérapeute de maitriser l'effet placebo, et l'autre moins connu mais tout aussi réel du fameux effet nocebo Quand les patients vous décrivent des effets secondaires suite au générique renvoyer votre pharmaco, on y a redécouvre plein de choses intéressantes

#2 MAURENS    29.01.2008 23:37

Tout à fait d' accord: gastralgies et diarrhées apparues avec les génériques du Glucophage, obligeant à l' arrêt de cette excellente thérapeutique! Sans parler des génériques plus chers que le princeps ... Bien confraternellement

#1 Ridolphi    28.01.2008 14:44

Bonjour, en tant que pharmacien (d’industrie mais pas de génériques…) je ne peux pas laisser dire et croire que tous les génériques ne sont que de pales copies… En écrivant votre article vous prenez des raccourcis qui font certainement plaisir aux industriels de la pharmacie, fabricants des princeps ainsi qu’une partie de votre Profession (que j’apprécie au demeurant) qui n’a toujours pas digéré la perte de certaines prérogatives au profit des pharmaciens d’officine. Pour mémoire nous avons toujours eu des problèmes avec les patients qui changeaient de marque, galénique, etc de leur traitement, problème psychosomatiques peut-être mais bien réels, et cela ne date pas de l’introduction des génériques (je pense au co-marketing que les labos font depuis 30 ans de certains de leurs produits), cela est-il à mettre en rapport avec l’effet placebo (30% d’efficacité en moyenne ?) qui marcherait moins bien ou qui empirerait un état ? De plus en posant la question de cette manière vous mettez gravement en question l’AFFSAPS et ses modes d’évaluation des génériques (copiés sur les modèles Européens par ailleurs). Ce débat revient périodiquement chez nous pour des motifs curieux, parfois justifiés mais qui s’expliquent. Les génériques existent en Allemagne depuis plus longtemps qu’en France et ce débat à été clos il y a bien 10 ans chez nos voisins. Je pense qu’une étude basée sur les statistiques de pharmacovigilance serait plus à même d’infirmer ou de renforcer vos dires, pourquoi ne pas la proposer à Prescrire qui est une revue sérieuse… La prescription en DCI les pharmaciens y sont favorables car elle permettrait un véritable échange au sein de l’équipe soignante de facto constituée, peut-être une obligation du futur dossier médical ? Affaire à suivre.

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